Texte

 

La Chose Ecrite

- Recueil de Poésies - 2011

 

 

 

 

 - Quelques extraits …


    QUI SUIS-JE ?

 

EN SORTANT DE MON TROU

JAPERÇOIS SABINUS, UN SABOT DE VÉNUS

PUIS JE RENCONTRE ÉPONINE

ET LÀ, DÉJÀ, J’AI BONNE MINE.

TIMIDE, JE CONTOURNE UN PLATEAU

LE FROMAGE DE LANGRES

PUIS JE FILE VERS LA SUIZE.

QUI SUIS-JE ?

QUAND J’ARRIVE À CHAUMONT

JE SUIS DÉJÀ LA PLUS BELLE

ET JE COURS À JOINVILLE

RENCONTRER LE ROGNON.

MAINTENANT  JE SUIS MAJEURE

AMPLE ET GÉNÉREUSE

JE SUIS D'’ATTAQUE

POUR UNE COUPE DE CHAMPAGNE.

QUI SUIS-JE ?

JE M'’ALLONGE EN JUILLET

DANS LES PLAINES À BLÉ DE LA BRIE

PUIS JE RENTRE À PARIS

AU CÔTÉ DE LA SEINE, MA DOUCE AMIE.

QUI SUIS-JE ?

 

JE SUIS LA MARNE

ET J’'AI VINGT-DEUX ANS ET DEMI.

LES LUMIÈRES DE LA VILLE M’'AVEUGLENT

J’'AI HÂTE DE POURSUIVRE

JE SERPENTE MAINTENANT LENTEMENT

ENLACÉE À MA DOUCE AMIE.

NOUS SOMMES FORTES

NOUS PORTONS DES BATEAUX

PLEINS DE TONNEAUX

NOUS GROSSISSONS

.NOUS GROSSISSONS.

..NOUS GROSSISSONS..

 

ET NOUS ACCOUCHONS

 

ENFIN

DANS L’OCÉAN

QUI NOUS LIBÈRE.

 

 

OLONA

 

 

La mer était  ici

Le flux et le reflux

Le sable et les galets

Et le ciel dégagé

À Saint-Dizier

 

Longtemps la mer est restée

Puis s’en est allée

Laissant un marais

À Saint-Dizier

 

La haute vallée de la Marne s’ouvre

à Roches-sur-Marne

À Marnaval et au-delà

De la Noue jusqu’à Perthes

L’estuaire ancien, le plat pays

 

La forêt qui borde ce rivage

Où le chêne est roi

Se rappelle des druides

Cueillant  le gui sacré

 

Où es-tu, Olona ?

Disparue,  engloutie

Tes tours insolentes reposent

Dans une ballastière.

Tu cherches au fond un Calin

Pour te redresser fièrement ?

 

 La ville d’Is, Sodome et Gomorrhe

Dieu sen souvient

Mais de toi, luminaire

Des temps anciens, Olona

De ta grandeur, de ta splendeur

Personne ne se souvient.

 

 

Les Nettoyeurs

 

 

 

Regarde le long des routes,

Les gens sont sales.

Ils balancent tout par la fenêtre.

Leur véhicule, c’est leur maison.

La France, une poubelle.

Nous, nous sommes les nettoyeurs.

Toi seul, tu peux récupérer

Ce que dix, vingt personnes jettent.

Car toi, tu es beau et bon.

Tu peux cracher sur cette humanité,

Tu peux l’insulter,

Tu sais, elle ne changera pas.

Ceux qui salissent,

Tu les connais,

Ils ne sont ni pauvres, ni riches,

Ce sont des raclures de l’univers.

Ils sont moches, et

Ils empestent la charogne.

Ils sont très nombreux

Mais nous les aurons,

Car nous sommes plus forts qu’eux.

Vivement qu’ils retournent travailler

En septembre,

Avec tous leurs sales gosses !

Enfin, nous serons tranquilles,

Et nous pourrons nettoyer.

 

 

DÉESSE MÈRE

 

 

TU PUISES AVEC EXCÈS

DANS LE SOL ET DANS L’EAU DE LA TERRE

TU VIOLES LES DESSOUS DE LA DÉESSE MÈRE

TU T’EXPOSES À DE LOURDES SANCTIONS

TU DEVRAS PAYER DE TON SANG

TU VEUX LE PÉTROLE ET L’OR

DÈS LORS TU N’ÉCHAPPERAS PAS À TON SORT

QUAND TU N’AURAS PLUS D’ÉNERGIE

QUAND TU SERAS AU BOUT DE TA VIE

VERS L’ORIENT TU TE TOURNERAS

ALORS TON FRÈRE TE DIRA

ASSIEDS-TOI ET DIS-MOI

 DE QUELS MAUX SOUFFRES-TU ?

JE N’AI PLUS D’ESSENCE

LUI RÉPONDRAS-TU !

NE COMPRENANT PAS

TON FRÈRE TE RÉPONDRA

TU VIENS SEULEMENT D’ARRIVER

ET TU VEUX DÉJÀ REPARTIR

TU N’ES PAS BIEN ICI AVEC MOI !